La vie climatique : une immersion sensible au MAC de Marseille

Du 4 avril au 20 septembre 2026, le Musée d’Art Contemporain de Marseille accueille La vie climatique, la 8ᵉ édition de De leur temps 8, imaginée par les Musées de Marseille et l’ADIAF.
Pensée comme une expérience immersive et sensorielle, l’exposition réunit des artistes issus de plus de 70 collections privées françaises et internationales autour d’une réflexion sur le vivant, le climat et les mutations de notre époque. Entre installations, matières organiques, présences végétales et récits intimes, les œuvres composent un véritable écosystème artistique où se croisent mémoire, nature et engagement contemporain.
Ancrée dans le territoire méditerranéen, cette édition questionne avec poésie notre manière d’habiter un monde en transformation, tout en interrogeant le rôle du musée face aux enjeux écologiques, sociaux et politiques actuels.
Parmi les artistes présentés, voici quelques œuvres qui vous donneront envie de vous rendre au MAC

Roméo Mivekannin
Né en 1986 à Bouaké, en Côte d’Ivoire, cet artiste et écrivain franco-béninois vit et travaille entre Toulouse et Cotonou. Son travail interroge la mémoire collective, la représentation des corps noirs et l’héritage colonial dans l’histoire de l’art occidental.
Il utilise de vieux draps qu’il transforme avec des décoctions végétales, créant des supports marqués par le temps. À travers l’autoportrait, il revisite des œuvres classiques et des images d’archives en y intégrant son propre visage, questionnant ainsi les récits historiques dominants.
Nicolas Daubanes
Le travail de Nicolas Daubanes explore les notions d’enfermement, de contrôle et de disparition à travers des dessins réalisés en poudre de fer aimantée, volontairement instables et évolutifs. Entre apparition et effacement, ses œuvres traduisent la fragilité des systèmes de contrainte et des espaces de confinement.
Présentés lors de la Biennale de Lyon 2022, ces deux dessins s’inscrivaient dans l’exposition Je ne reconnais pas la compétence de votre tribunal !, conçue comme une salle d’audience inspirée du tribunal militaire de Montluc, mêlant dessins, archives et témoignages autour des procès de la guerre d’Algérie.

Amine Habki
Le travail de Amine Habki explore, à travers le textile, les liens entre intimité, spiritualité et identité. Avec Jardin des aveugles, l’artiste transforme le jardin en un espace intérieur et sensible, où se mêlent désir, foi et silence.
En se représentant lui-même, il détourne les codes des masculinités dominantes et affirme une intimité queer libre et poétique. Les textures de l’œuvre traduisent un équilibre fragile entre pudeur, sensualité et affirmation de soi.
Notre Directrice de la Communication, Patricia Chauveau, était présente aux côtés de l’artiste, témoignant de l’intérêt porté par la marque aux démarches artistiques contemporaines.




Thu Van Tran
Avec sa série Colors of Grey, Thu Van Tran crée des paysages aux nuances de gris issus de la superposition de couleurs vives rappelant un arc-en-ciel. Ces teintes font référence aux herbicides chimiques utilisés par les États-Unis pendant la guerre du Vietnam.
En détournant ce code couleur, l’artiste transforme la peinture en espace de mémoire et de contemplation, où subsistent les traces d’une histoire de violence et de traumatisme collectif.
Eva Nielsen
Dans cette œuvre inspirée des paysages de Camargue, Eva Nielsen propose une vision à la fois familière et partiellement inaccessible de la nature, soulignant l’impact de l’activité humaine sur les paysages.
À travers des superpositions et décalages de sérigraphie, l’artiste crée des failles et des textures qui brouillent la lecture de l’image et traduisent la fragilité de notre environnement. Le titre Doline (Alluvions) évoque lui-même une menace liée à l’érosion et à la transformation du paysage. Eva Nielsen a été nommée au Prix Marcel Duchamp 2025.

Laura Henno
Depuis 2013, Laura Henno documente les territoires de Mayotte et des Comores, marqués par les migrations clandestines. Avec Les Hauts, Mayotte, elle suit le quotidien des « Boucheman », de jeunes Comoriens vivant en marge de la société.
Entre documentaire et fiction, son œuvre révèle des formes de survie, de solidarité et de résistance dans un territoire traversé par de fortes tensions sociales. Laura Henno est nommée au Prix Marcel Duchamp 2026.


